Publié le 15 décembre 2021 – mis à jour
La convention nationale des pédicures-podologues libéraux a été signée le 18 décembre 2007 entre l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (UNCAM) et la Fédération nationale des podologues (FNP). Conclue pour cinq ans, elle est reconduite automatiquement pour des périodes équivalentes, mais reste ouverte à renégociation.
Une profession en quête d’équilibre
Depuis 2007, plusieurs avenants ont modifié la convention, dont le dernier en date, l’avenant 4 signé le 22 septembre 2020. Si cet avenant a permis d’augmenter le nombre d’actes conventionnés pris en charge, il a également entraîné une pression sur les revenus de nombreux cabinets, dont les honoraires sont souvent supérieurs aux tarifs conventionnés.
Les pédicures-podologues alertent sur un risque de baisse de chiffre d’affaires et d’appauvrissement de la profession, ce qui peut à terme fragiliser la qualité des soins proposés.
Situation économique comparée
D’après les statistiques de l’ARAPL (2020) :
- Pédicures-podologues
- Chiffre d’affaires moyen : 65 243 €
- Bénéfice moyen : 27 327 €
- Revenu mensuel avant impôt : 2 277 €
- Taux de charges : 58,1 %
En comparaison :
- Kinésithérapeutes libéraux ou mixtes
- Chiffre d’affaires moyen : 78 825 €
- Bénéfice moyen : 41 771 €
- Taux de charges : 47 %
- Revenu mensuel : 3 480 €
- Infirmiers libéraux
- Chiffre d’affaires moyen : 87 323 €
- Bénéfice moyen : 52 607 €
- Taux de charges : 40,1 %
- Revenu mensuel : 4 384 €
Ces chiffres mettent en évidence un écart significatif de revenu et de niveau de charges entre les pédicures-podologues et les autres professions de santé libérales.
Facteurs expliquant ces écarts
Plusieurs éléments entrent en jeu :
- Des taux de cotisations plus élevés sur les revenus non conventionnés (6,5 % ou 9,75 % selon le régime SSI ou URSSAF).
- Un investissement initial conséquent pour le plateau technique d’un cabinet (environ 35 000 €).
- Une hausse des coûts des consommables, accentuée depuis la crise sanitaire.
Les pistes de réflexion pour l’avenir
Les professionnels de la podologie plaident pour :
- Une revalorisation de la clé POD et des actes techniques.
- L’intégration du bilan podologique et des semelles orthopédiques dans la nomenclature générale des actes.
- L’alignement des taux de cotisations pour tous les revenus non conventionnés.
- Une plus grande reconnaissance des actes de prévention.
Un enjeu pour l’accès aux soins
Ces évolutions permettraient de réduire les inégalités de traitement entre professions de santé, d’améliorer l’accès aux soins pour les patients et de garantir la viabilité économique des cabinets.
Source : ARAPL – Statistiques des professions libérales 2020